Reflets et boucliers : l’identité comme art avec Abigail Tulis et Clément Jacques Vossen

septembre 30, 2025

Reflets et boucliers : l’identité comme art avec Abigail Tulis et Clément Jacques Vossen

septembre 30, 2025

Du samedi 11 octobre au dimanche 9 novembre 2025, la Galerie Jos Depypere accueillera la première exposition en duo d’Abigail Tulis et Clément Jacques-Vossen.

Les deux artistes entremêlent leur travail avec la mythologie, le tarot et le folklore local, reliant ainsi leur art aux valeurs fondamentales de la Galerie Depypere. Le résultat est une fusion intrigante et ludique du passé et du présent.

L’article ci-dessous a été écrit par Els Bracke et a été publié dans l’édition d’octobre du magazine d’art COLLECT.

ChatGPT zei:

À une époque où les récits personnels deviennent de plus en plus des affaires publiques, les artistes Abigail Tulis et Clément Jacques-Vossen offrent un regard sur la manière dont l’identité est littéralement transformée en art.

Leur exposition en duo à la Galerie Depypere à Kuurne n’est pas seulement une rencontre entre deux œuvres, mais aussi un dialogue avec la collection de la galerie. Il en résulte une confrontation entre miroir et bouclier, entre mythe et héraldique, entre vulnérabilité et armure.

©Bart Ramakers

Abigail Tulis

Dans l’art contemporain, l’identité n’est plus un concept figé. Elle n’est pas une fondation, mais une matière : fluide, malléable — parfois tranchante comme du verre, parfois poreuse comme du calcaire.

Pour Abigail Tulis, l’identité tourne autour de la rupture avec les reflets du miroir. Son œuvre, profondément ancrée dans la mythologie personnelle et culturelle, rayonne de la tension entre les expériences rigides de l’enfance et un désir de liberté.

Eros and Thanatos - l'huile et acryl sur toile

Pour Abigail Tulis, l’identité consiste à briser les reflets du miroir.

Elle a grandi dans l’ombre du Bible Belt, dans le Tennessee, où l’obéissance et la rigueur religieuse ont façonné son enfance. C’est au cœur de ces contraintes qu’elle a trouvé une échappatoire : le dessin, la lecture, l’imaginaire. Ce qui la distingue, c’est sa capacité non seulement à assimiler ces structures, mais à les transformer en une iconographie à la fois autobiographique et universelle.

ChatGPT zei:

Sa série autour de The Lady of Shalott montre à quel point l’identité est toujours un reflet — à travers la culture, la famille et les attentes. La figure tragique de la Dame, qui ne vit qu’à travers des reflets et meurt dès qu’elle se retourne, devient chez Tulis une métaphore d’une génération d’artistes qui refusent d’être réduits à de simples ombres.

Ses sculptures et peintures sont riches en symboles : insectes, exosquelettes, fragments de corps et de nature. Ce ne sont pas des ornements, mais des incarnations de la peur, du désir et de la protection.

Son atelier au Château de Rooigem reflète un processus identitaire jamais achevé, toujours en équilibre entre l’intimité et la grandeur mythologique.

Clément Jacques Vossen

Clément Jacques-Vossen, en revanche, revient au bouclier. Son œuvre est imprégnée d’héraldique, de symbolisme médiéval et des rituels des guildes et des traditions.

Peintre brabançon, il donne vie à un imaginaire chevaleresque, à des figures issues du tarot, de l’alchimie et des archétypes populaires — non par nostalgie, mais dans une démarche critique vis-à-vis de l’histoire culturelle. Il ne s’agit pas de reconstitutions anonymes, mais de personnages qui fonctionnent comme des alter ego, des projections d’identités toujours en mouvement.

L’armure protège, mais elle étouffe aussi. C’est dans cette ambiguïté que réside le cœur de son travail : l’identité n’est jamais univoque, mais se tisse dans des récits superposés, à mi-chemin entre rêve et réalité.

©Bart Ramakers

Clément Jacques-Vossen, en contraste, revient au bouclier. Son œuvre est traversée par l’héraldique, le symbolisme médiéval et les rituels des guildes et des traditions.

Sa pratique en atelier, souvent menée la nuit dans un état proche de la transe, ressemble à un écho du moine dans son scriptorium, mais mêlée à la culture pop et à des fascinations personnelles. Borges, Pessoa, Warhol, Bruegel et Ensor apparaissent comme ses partenaires de joute.

Les tabards et manteaux héraldiques, qu’il utilise également de manière performative, montrent clairement que l’identité n’est pas seulement une image, mais aussi une action. Un rituel, une performance, une métamorphose.

©Bart Ramakers

Le Fil D’or – du 11.10 au 09.11.2025 à la Galerie Jos Depypere

La force de cette exposition réside dans la confrontation de ces deux approches et dans la manière dont elles résonnent avec la collection de la galerie Jos et Chloé Depypere. Abigail et Clément ont sélectionné des œuvres de Pjeroo Roobjee, Lionel Vinche, José Vermeersch, Hans Vandekerckhove et bien d’autres — des artistes liés à la galerie depuis des décennies et qui ont exploré des thèmes dans lesquels ils se reconnaissent.

©Bart Ramakers

Là où Tulis invite à l’introspection, à reconnaître et peut-être briser ses propres reflets, Jacques-Vossen invite à participer à une quête épique dans laquelle l’identité est mise à l’épreuve, déguisée, défendue et réinventée. Le miroir et le bouclier ne s’opposent pas directement, mais fonctionnent ensemble dans un équilibre dynamique.

Le travail de Tulis révèle les fissures intérieures causées par les attentes extérieures. Jacques-Vossen montre comment nous dissimulons ou transformons ces fissures à travers des symboles et des rituels. Ensemble, ils dessinent une pratique artistique contemporaine où l’identité n’est pas une fin en soi, mais un champ de lutte et d’imagination continus.

Kuurne Kermis 2025

Lors de la Kermesse annuelle de Kuurne, une fête locale très appréciée célébrant l’identité unique de la ville en tant que Ville des Ânes, une procession spéciale appelée « Ezelsstoet » aura lieu le dimanche 5 octobre. Cette année, les artistes Abigail Tulis, Clément Jacques-Vossen et d’autres participeront au défilé, marchant aux côtés de Soupapke et du nouveau Koning Ezel (Roi des Ânes).

Les artistes seront vêtus de costumes et déguisements élaborés, reflétant leurs visions artistiques ainsi que les thèmes d’identité et de transformation qui définissent leur travail. Leur présence dans la procession efface les frontières entre performance et rituel, invitant le public à vivre l’art comme une part vivante et vibrante de la communauté.

Clément Jacques-Vossen apportera un moment fort à la procession avec son propre « reus » — une figure géante qui ajoute un élément dramatique et symbolique à l’événement, faisant écho aux traditions médiévales qui inspirent une grande partie de son art.

Ensemble, les artistes et les habitants célébreront le riche patrimoine culturel de Kuurne ainsi que son esprit ludique et imaginatif.

©Bart Ramakers

Cette expo a été organisée en collaboration avec la Galerie P.

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