Pendant trois semaines, Galerie Jos Depypere a l’honneur de présenter une exposition rétrospective consacrée à Yvan Theys, visible du 7 mars au 29 mars 2026.
L’exposition réunit une sélection de chefs-d’œuvre réalisés entre 1970 et 1995, offrant aux visiteurs une occasion unique de redécouvrir l’œuvre puissante et distinctive de l’un des artistes clés de l’art belge d’après-guerre.
Yvan Theys (Marke, 1936 – 2005) était un artiste belge de premier plan qui, au cours de plus de quarante ans, a développé un corpus puissant, idiosyncratique et cohérent, situé à l’intersection de la figuration et de l’abstraction. En tant que peintre, dessinateur, graveur et, plus tard, également sculpteur, il est considéré comme l’une des figures les plus importantes de l’art belge d’après-guerre. Son œuvre reflète une recherche continue d’un langage visuel dans lequel la physicalité, la pensée et l’émotion se questionnent et se renforcent mutuellement.
Yvan Theys a étudié à Sint-Lucas Tournai, où il a lui-même commencé à enseigner dès 1959. Il a été l’élève de Eugène Dodeigne et a entretenu des amitiés proches avec des artistes tels que Eugène Leroy.
Dans les années 1960, il est devenu un artiste qui s’éloignait consciemment à la fois de la figuration purement académique et de l’abstraction stricte. Bien qu’il ait été associé au mouvement de la Nouvelle Figuration, il lui a donné une interprétation résolument personnelle et existentielle.
Un principe central de son œuvre était l’observation selon laquelle les êtres humains ne perçoivent jamais une figure ou la réalité dans son ensemble. Il a traduit cette expérience de perception partielle en forme visuelle en fragmentant le corps, par exemple dans des représentations de figures assises.
De cette réflexion est née une langue visuelle dans laquelle des figures monumentales, des formes archétypales et des signes géométriques coexistent avec un vocabulaire formel expressif, parfois rugueux. Son travail est imprégné de symbolisme et porte une tension humaine et psychologique palpable.
Yvan Theys a délibérément refusé de se limiter à un style unique et fixe. Sa pratique artistique constituait plutôt un dialogue continu avec l’histoire de l’art et avec la peinture elle-même.
Il a puisé son inspiration dans des sources diverses, des Primitifs flamands et Peter Paul Rubens jusqu’à l’Expressionnisme, le Cobra et surtout Pablo Picasso, sans jamais devenir dérivé.
En 1963, Yvan Theys a participé à une exposition commune avec Roger Raveel et Raoul De Keyser. Un an plus tard, il reçoit le Prix de Rome, un moment clé qui marque son percée nationale et internationale. À partir de 1964, il suit une trajectoire d’exposition intensive, avec des présentations notamment en Espagne, à Munich et à Amsterdam.
Sa réputation internationale s’est encore renforcée grâce à de nombreuses expositions en Amérique du Sud, où les rencontres avec d’autres cultures et traditions visuelles ont orienté son œuvre dans une nouvelle direction. En 1983, il est sélectionné pour la Biennale de São Paulo, suivie d’une exposition personnelle, et en 1986, il participe aux biennales de Tokyo et Kyoto. Plus tard, il expose également aux États-Unis.
À partir du début des années 1980, Yvan Theys a élargi sa pratique artistique pour inclure la sculpture. En 1980, il crée ses premières sculptures, suivies à partir de 1993 par des figures en bois et d’autres expérimentations avec divers médias.
Au cours des années 1990, son travail évolue de plus en plus vers l’abstraction, avec un recours plus marqué au blanc. Malgré cette évolution, la présence humaine reste centrale, tout comme les thèmes existentiels qui continuent d’imprégner son œuvre. Jusqu’à sa mort en 2005, Yvan Theys a constamment poursuivi le développement d’un corpus engagé et cohérent, qui soulève des questions fondamentales sur l’image de l’humanité, l’identité, le pouvoir et la vulnérabilité.





